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Méthodes d'amas quantiques dans l'étude des modèles de Hubbard
Cette thèse porte sur trois modèles d’électrons fortement corrélés : le modèle de Kitaev-Hubbard,le modèle de Hubbard sur le réseau en treillis et le modèle de Hubbard sur le réseau en nid d’abeille. La résolution de ces trois modèles est basée sur les méthodes d’amas quantiques telles que l’approximation de l’amas variationnel (VCA), le champ moyen dynamique sur amas (CDMFT) et l’approximation de l’impureté dynamique sur amas (CDIA). Le solutionneur utilisé avec ces méthodes est la diagonalisation exacte (ED) à température nulle.
Le modèle de Kitaev-Hubbard est une variante du célèbre modèle de Hubbard, défini sur le réseau du graphène et comportant un terme de saut t
dépendant du spin, qui joue un rôle analogue à celui d’une interaction spin-orbite. Au demi-remplissage et dans la limite à couplage fort (U → ∞),
ce modèle est une interpolation entre le modèle d'Heisenberg pour l’antiferromagnétisme et le
modèle de Kitaev utilisé en information quantique. Contrairement au modèle idéalisé de Kitaev,
le modèle de Kitaev-Hubbard peut être réalisé dans des réseaux optiques d’atomes froids et ainsi
supporter, dans certaines limites (t'/t, U /t), des calculs quantiques topologiques. À couplage modéré, notre étude conduit à un diagramme de phase comportant de l’antiferromagnétisme, de liquide de spin algébrique ainsi que deux types de semi-métaux. Ces différentes phases du modèle
se rencontrent en un seul point sur le plan (U, t). La transition entre la phase antiferromagnétique
et les phases semi-métallique est du deuxième ordre, alors qu’elle est du premier ordre entre le
liquide de spin algébrique et l’antiferromagnétisme. La méthode d’amas quantique utilisée dans ce
projet est l’approximation de l’impureté dynamique sur amas (CDIA).
Le réseau en treillis constitue une description simplifiée du matériau Sr14−xCaxCu24O41, quia une structure en échelles couplées. C’est un matériau supraconducteur découvert en 1996, mais dont la température critique est très sensible à la pression. La présence et le mécanisme de la
supraconductivité, ainsi que la symétrie du paramètre d’ordre, restent des sujets de recherche. Le
matériau présente aussi des propriétés similaires aux cuprates et reste le seul supraconducteur à base
d’oxyde de cuivre n’ayant pas une structure plane. Pour cette raison, l’étude du Sr14−xCaxCu24O41
est d’intérêt dans le but de comprendre le mécanisme de la supraconductivité causée par les
corrélations électroniques, comme celle des cuprates. Notre étude montre que la supraconductivité
est présente dans une gamme de densités électroniques s’échelonnant entre le demi-remplissage
et un dopage d’environ 20%. De plus, les résultats montrent que le paramètre d’ordre est de
type singulet d + id dans une gamme de dopage. Ainsi, la supraconductivité est peut-être chirale,
c’est-à-dire qu’elle brise l’invariance par inversion du temps. Ce système porterait donc du courant
spontané à la périphérie de l’échantillon même en absence de champ magnétique. Pour étudier
ce modèle, nous avons utilisé l’approximation de l’amas variationnel (VCA) et le champ moyen
dynamique sur amas (CDMFT).
Le modèle de Hubbard étendu sur le réseau en nid d’abeille décrit approximativement le
graphène et les matériaux analogues. L’étude de ce modèle montre que la supraconductivité
peut être présente dans ce système. De plus, en fonction du dopage, notre étude montre que le
paramètre d’ordre est de type triplet et de symétrie p + ip. Ainsi, la supraconductivité serait chirale. Les résultats indiquent aussi que la répulsion électron-électron entre atomes voisins favorise la supraconductivité dans sa forme chirale. Ces résultats ont été obtenus à la fois par l’approximation de l’amas variationnel (VCA) et le champ moyen dynamique sur amas (CDMFT).